Voilà l'article interview de Sébastien sur l'Equipe du 11 août 2009. Aprés son licenciement par Toro Rosso, Sébastien était aux Mans en famille pour des vacances méritées et sportives pour garder
la forme.
En lisant l'article original de l'Equipe, on se rend compte que la presse a un peu détourné l'histoire du SMS, quand cette même presse dit que Sébastien a été viré par SMS, c'est pas
exact, ils ont détourné les propos de Sébastien.
Il y a bien eu échange de SMS, mais pas comme la presse en joue, elle continue à monter Séb contre les patrons de Toro Rosso et Red Bull et à dégrader son image, tout cela pour vendre du
papier.
En conclusion la presse F1 a fait plus de mal à Sébastien qu'elle ne l'a aidé.
Voilà pourquoi je vous mets l'article complet et original de l'équipe.
-On vous a quitté en juillet sur abandon au GP d'Allemagne, marqué par la rumeur persistante de votre éviction de Toro Rosso, laquelle était confirmée quelques jours après. Que s'est-il
passé?
Sébastien:
"Pour en revenir à ce GP d'Allemagne, tout commence par un message de papa, le mercredi soir, à ma descente d'avion, m'apprenant la
rumeur sur mon remplacement. J'appelle Franz Tost, qui ne dément pas. Il me dit: "On est pas très contents, on te remplace."
Comment ? Je n'avais jamais rien entendu de l'année sur mes résultats, Et là, d'un coup... Tost me fait comprendre qu'il ne veut pas en parler au téléphone, qu'on se verra le lendemain sur le
circuit. Le jeudi, je l'attends jusqu'à 14 heures. Il me dit que, comme ils n'ont pas l'intention de me garder l'année prochaine, ils veulent former Alguersuari et le faire rouler tout de suite. La
décision a été prise avec Dietrich Mateschitz, la semaine d'avant."
-Quelle est votre réaction ?
"Moi, j'ai un GP à courir, j'ai un contrat pour une saison, sans clause de résultat. En ce qui me concerne, c'est
bizarre, mais je suis obligé de jouer le jeu. Si je fais autre chose, je ne peux faire que des bêtises. Dans la soirée, ils me demandent si je veux communiquer à ce propos. Je leur dis non car,
encore une fois, j'ai un contrat, je veux continuer ma saison. Et surtout je veux leur laisser la possibilité de faire marche arrière. Tout le week-end, je dis que je ne suis au courant de rien,
que je n'ai rien d'écrit. Ce n'est pas que j'y croie plus que çela... Et puis le week-end se passe, avec la voiture ça ne va pas bien et ça finit par un deuxième abandon en deux courses. Le pire
week-end de ma vie !"
-Après l'annonce de votre licenciement, vous avez manifesté votre intention d'attaquer...
"En Allemagne, j'ai essayé à plusieurs reprises de voir,
puis d'appeler Dietrich Mateschitz. Finalement je lui ai envoyé un SMS lui disant que ça serait bien qu'on se parle. Ce à quoi il a répondu par un SMS avec une proposition
financière. Voilà. Ca s'est réglé comme cela. Maintenant je suis libre et j'ai reçu un dédommagement, si c'est possible, pour l'image."
-Avez-vous été blessé, vexé ?
"Au-delà des faits, c'est la manière qui est le plus détestable. C'est facile de critiquer le pilote, mais que
m'ont-ils donner comme solution pour que je me sente mieux dans l'auto ? Depuis qu'elle est sortie, elle ne me convient pas. Ils le savaient, ils me connaissaient. L'an dernier, même si j'ai réussi
à faire des trucs avec, j'en ai bavé. Et cette année c'est presque pire, avec les pneus slick. Moi je savais que cet hiver que je ne serais pas à mon avantage."
-Pourquoi avoir continué alors, surtout après une première année déjà compliquée avec Toro Rosso ?
"Cet hiver, j'ai pris du recul et je suis
reparti en sachant qu'il y avait de fortes chances que ce soit aussi dur; mais, si on ne tente pas sa chance, on ne nourrit que des regrets."
-Qu'est-ce qui n'a pas marché ? La voiture ? Votre façon de faire ?
"C'est plus conceptuel qu'autre chose. Cette voiture n'a pas de traction en latéral, et moi, ça, je n'arrive pas à gérer. La qualité des meilleurs, c'est de savoir
s'adapter à la voiture. Moi, cela n'a jamais été ma qualité première. J'ai fait ce que j'ai pu avec ce que je sais faire. Par exemple, la première chez Newman-Haas, je me faisais massacrer par
Junqueira sur les routiers. L'hiver, avec mon ingénieur, on a travaillé sur la voiture pour qu'elle me convienne. L'année d'après, c'est moi qui devançais Junqueira. C'est ce qui m'a manqué chez
Toro Rosso. On ne faisait pas de développement."
-Ils étaient conscients de la situation dans l'équipe ?
"Tout le monde le savait. Je suis l'un des gars qui souffre le plus de l'instabilité du train arrière dans les serrés. C'est un gros point faible. Je le sais. Moi,
j'ai besoin de comprendre la voiture. J'ai déjà connu cela dans ma carrière, mais la plupart du temps, j'avais trouvé des solutions."
-Qu'allez-vous faire maintenant ? De la F1 encore ?
"J'aspire à retrouver une place en F1. Vu qu'il n'y a pas d'essais, je peux être intéressant pour une des nouvelles équipes. Mais bon... Kubica et Heidfeld vont aussi
être sur le marché. Certaines nouvelles équipes vont être au point techniquement, mais sans argent... Le climat complique pas mal les choses."
-Avez-vous regardez le Grand Prix de Hongrie ? Avez-vous pensez pouvoir remplacer Massa ?
"Dans un premier temps, j'ai appelé Nicolas Todt pour prendre des nouvelles de Felipe. Quand nous avons été rassurés, on en a un peu parlé de la possibilité Ferrari.
Après, quand on a su qu'ils parlaient Michael Schumacher dans le baquet, c'est clair qu'on n'a rien essayé."
-Avez-vous reçu des messages de vos anciens collègues ?
"Rien du tout. On n'entend jamais parler de personne dans ces moments-là. Ce qui est le plus difficile, c'est de se faire jeter comme un malpropre en milieu de saison.
Il y a miieux..."
-Vous avez des regrets ? Feriez-vous des choses différemment ?
"L'an dernier, j'ai perdu trop de temps à chercher des solutions qui n'existaient pas. Cette année, non. Tout le monde me disait: "Avec l'expérience, tu vas taper
Buemi." J'ai beaucoup de respect pour lui, c'est un bon gamin, il ira loin, il n'a pas grand chose à envier à Vettel, et j'aime bien Vettel. Cette année, tout avait tellement changé que
l'expérience ne servait à rien, ou presque."
-Vous avez regretté de ne pas pouvoir utiliser la nouvelle version de la voiture à Budapest ?
"J'ai discuté avec Buemi. Clairement, ça n'a pas
changé le caractère de la voiture mais elle a bien pris en perfo. C'est hyper frustant de se faire sortir du système à ce moment-là."
-La F1, ça vous plaît toujours ?
"Cela reste trés plaisant: ce sont des autos hors catégorie. Par rapport à la 908, par exemple, qui pèse 300 kilos de plus, c'est très différent. La Peugeot est très
sympa à conduire. Quand on te laisse le loisir de la mettre à ta main. Au Mans, j'ai pris plus de plaisir qu'avec la Toro Rosso."
-Si vous ne faites pas de F1, vous chercherez en endurance, avec Peugeot ? Aux Etats-Unis, où un baquet vient de se libérer dans votre ancienne équipe, Newman-Haas
?
"Je suis sous contrat avec Peugeot jusqu'à la fin de l'année. Pour l'an prochain ? Ils avaient l'air plutôt contents de mon travail au Mans cette
année... Quant aux Etats-Unis, j'ai toujours eu des contacts avec mon équipe. Après, le problème, c'est qu'ils ont besoin d'argent pour faire rouler cette voiture. Il faut 5 millions d'euros. Pas
facile à trouver en ce moment."
-Comment vous "vendriez"-vous ?
"J'ai toujours fait preuve de motivation. Et on ne peut pas m'enlever ce que j'ai fait avant. Et en F1, j'ai fait des choses bien aussi. Cela n'a pas toujours été vu,
ou cela n'a pas toujours payé. Je ne suis pas devenu mauvais du jour au lendemain. L'an dernier, avant l'introduction de la STR3, j'étais même plutôt pas mal par rapport à Vettel, dont on
commençait à dire que, finalement, il n'était peut être pas aussi bon que cela. Après cela a été l'inverse. Vettel a su bien faire marcher l'auto."
-Vous garderez des bons souvenirs de cette expérience ?
"La première course, en Australie. Le Japon, même si la fin de course n'a pas été récompensée. Je dirais aussi Spa, où j'ai pris du plaisir dans l'auto. C'est vrai que
j'ai eu plus de désillusions que de joie. Comme à Spa où, sous la pluie dans le dernier tour, on ne me dis pas à la radio que derrière moi, il y a des furieux qui reviennent chaussés en pneus
intermédiaires. Alors oui, je passe pour un imbécile devant des millions de téléspectateurs..."
Merci à Carole Capitaine et l'Equipe pour cette interview.
Par Olive
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Publié dans : News
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